Le visiteur du site d’une ferme, d’un domaine ou d’un torréfacteur a souvent déjà goûté : au marché, chez un caviste, chez des amis. Il revient pour savoir où acheter, quand passer, ce qui est de saison. D’autres découvrent : ils veulent voir le lieu et comprendre comment c’est fait.
Le lieu de production est votre premier argument : la page le montre, puis dit comment venir chercher les produits.
Ce que le client vient chercher
En 2020, 23,1 % des exploitations agricoles de France métropolitaine vendaient une partie de leur production en circuits courts, et la vente directe à la ferme en était la forme la plus répandue (Insee, 2024, d’après le recensement agricole). Le client qui vous cherche veut d’abord savoir comment vous acheter.
- Où et quand : les jours et les heures de la vente à la ferme, les marchés où vous êtes, avec le jour et la place.
- Ce qu’il y a maintenant : les produits de la saison, ce qui manque, ce qui arrive.
- Les prix, au moins ceux des produits courants.
- Le lieu et la façon de faire : les parcelles, l’élevage, la cave, le séchoir, la brûlerie.
- Les signes de qualité : bio, AOP, IGP, Label rouge, et ce qu’ils garantissent.
- L’accès : l’itinéraire jusqu’à la ferme, et où se garer.
La mise en page « Producteur »
L’atelier la propose aux fermes, aux domaines et aux torréfacteurs, dont le lieu de production est l’argument. La voici de haut en bas :
Mise en page « Producteur »Fond : Vidéo en boucleMatière : GrainMatière : Vignettage
Barre pleine
Hero · Bas-gauche
Manifeste
Split · Collé au bord
Frise
Galerie · Paysages
Produits
Horaires
Dépliant
Contact
Pied de page
- La barre pleine a un fond opaque : votre nom et votre bouton se lisent dès la première image.
- Le hero bas-gauche pose le nom et une phrase en bas à gauche, là où la vidéo laisse de la place. Son bouton mène aux horaires de vente ou à l’itinéraire.
- Le manifeste retient une phrase à l’écran et l’allume mot à mot pendant qu’on descend. Un seul par page : votre façon de travailler, dite une fois.
- Le split collé au bord pose une photo contre le bord de l’écran et le texte à côté : la parcelle, le troupeau, la personne.
- La galerie en paysages prend le format des lieux : les champs, les rangs de vigne.
- Le dépliant répond aux questions qui reviennent, de trois à six : faut-il commander, peut-on visiter, où vous trouver au marché.
- Le contact réunit l’adresse, les heures de vente et le téléphone en vrais liens.
- Le pied de page dit qui vous êtes et porte les mentions.
Le fond choisi est la vidéo en boucle : un plan lent qui tourne sans fin, et les éléments montent par-dessus. Le grain et le vignettage l’accompagnent : le premier casse les aplats d’une image générée, le second assombrit les bords. Le fond est une scène créée d’après votre description, une vigne au lever du jour ou une grange : il installe l’ambiance, et vos vraies parcelles vont dans la galerie.
Ce que dit la règle
La loi Évin, pour un domaine viticole ou une brasserie
La publicité pour l’alcool est permise sur internet depuis 2009 (Académie nationale de médecine, 2012). Elle reste interdite sur les sites principalement destinés à la jeunesse et sur ceux des associations ou fédérations sportives, et elle ne doit être ni intrusive ni interstitielle (ministère de la Santé, 2014).
Son contenu est limité : le degré, l’origine, la dénomination, la composition, le nom et l’adresse du fabricant, le mode d’élaboration, les modalités de vente et le mode de consommation. Toute publicité porte le message sanitaire « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». La loi s’applique au site comme aux réseaux sociaux (ministère de la Santé, 2023).
Depuis 2016, ce qui parle d’une région de production, d’un terroir, du savoir-faire, de l’histoire ou du patrimoine liés à une boisson sous signe de qualité ou d’origine n’est plus considéré comme de la publicité (article L3323-3-1 du Code de la santé publique, cité par l’ARPP, 2016).
Pour le site d’un domaine, cela donne :
- montrez la vigne, le chai, les vendanges : c’est le terroir et le savoir-faire, et le bon sujet pour le fond ;
- décrivez chaque cuvée par ses éléments objectifs : appellation, cépage, degré, élaboration ;
- laissez de côté les scènes de fête, de séduction ou de sport autour d’un verre, qui sortent de cette liste ;
- posez le message sanitaire, lisible, près des cuvées et dans le pied de page.
Bio, AOP, fermier : des mots contrôlés
Les signes officiels (AOP, IGP, Label rouge, agriculture biologique) reposent sur un cahier des charges vérifié par des organismes certificateurs agréés par l’INAO, et la DGCCRF contrôle les produits mis sur le marché. Pour le bio, chaque opérateur notifie son activité à l’Agence Bio et se fait contrôler au moins une fois par an ; seul un produit d’au moins 95 % d’ingrédients agricoles biologiques porte « bio » dans son nom (DGCCRF, 2025).
Le mot « fermier » est encadré lui aussi : selon la jurisprudence, il suppose une production intégrée à la ferme, des méthodes traditionnelles et des ingrédients venus surtout de l’exploitation (DGCCRF, 2025).
Sur le site, nommez le signe produit par produit. Si une partie de la ferme seulement est certifiée, dites laquelle. Afficher un label qu’on n’a pas obtenu est une pratique trompeuse en toutes circonstances (DGCCRF, 2025).
La vente à la ferme et les marchés
Écrivez les jours et les heures de la vente à la ferme, puis vos marchés : le jour, la commune, la place. Si cela change avec la saison, dites-le, et changez la page le même jour que votre fiche Google.
Affichez les prix comme au marché, en euros et toutes taxes comprises. Pour la plupart des produits alimentaires préemballés, le prix au kilo ou au litre accompagne le prix de vente (DGCCRF, 2026).
Le bouton du hero mène au plus utile : l’itinéraire jusqu’à la ferme, ou votre numéro. Si vous prenez déjà des commandes avec un autre outil, il peut y mener ; l’atelier n’en prend pas lui-même.
Les erreurs qui coûtent des visites
- Des jours de marché périmés : le client se déplace pour rien.
- « Bio » ou « fermier » écrits pour toute la ferme, quand une partie des produits seulement y a droit.
- Un domaine sans message sanitaire, ou des images de fête autour du vin.
- Des photos de banque d’images : un champ quelconque ne dit rien de votre terre.
Sources
- Insee et SSP, Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires, fiche 1.8 (2024, d’après le recensement agricole 2020)
- Ministère de la Santé, réponse à la question écrite n° 53474, Assemblée nationale (JO du 4 novembre 2014)
- Ministère de la Santé, réponse à la question écrite n° 5417, Assemblée nationale (JO du 12 décembre 2023)
- Académie nationale de médecine, Publicité pour l’alcool : pour un retour à l’esprit de la loi Evin (2012)
- ARPP, Lecture commune de l’article 13 de la loi du 26 janvier 2016 (2016)
- DGCCRF, Les signes officiels de la qualité et de l’origine des produits alimentaires (2025)
- DGCCRF, Pratiques commerciales trompeuses : les clés pour les reconnaître (2025)
- DGCCRF, L’information sur les prix (2026)