Une directrice artistique qui cherche un photographe pour un catalogue, un éditeur qui cherche une illustratrice, une agence qui cherche un réalisateur pour un clip : ils ouvrent votre portfolio entre deux réunions, avec trois autres onglets à côté. Ils ne lisent presque rien. Ils regardent, ils trient, et en moins d’une minute ils savent si votre regard va avec leur projet.
Le site doit montrer votre meilleur travail tout de suite, se charger vite, et dire comment vous joindre.
Ce que le client vient chercher
- Votre regard, sur une dizaine d’images choisies. Une signature reconnaissable vaut mieux qu’un inventaire.
- Des travaux proches de sa commande : portrait, produit, architecture, édition, clip, publicité. Rangez par type de commande plutôt que par année.
- Des travaux récents et commandés : ils disent que d’autres vous ont fait confiance, et pour quoi.
- Vos conditions : zone de déplacement, délais, droits cédés, et la façon dont vous établissez un devis.
- Un contact direct : courriel et téléphone en vrais liens, et votre ville.
La mise en page « Portfolio »
C’est la mise en page que l’atelier propose aux photographes, aux illustrateurs et aux réalisateurs : le travail occupe l’écran, le texte se fait discret. La voici de haut en bas :
Mise en page « Portfolio »Fond : Vidéo scrubbéeMatière : Poussière
Minimale
Hero · Haut-gauche
Débord
Galerie · Portraits
Plein cadre · Haut
Références
Citation · Mesure large
Sommaire
Contact
Pied de page · Signature géante
- La navigation minimale se réduit à votre nom et à un bouton menu : rien ne passe devant les images. Elle est faite pour les pages de moins de cinq sections, ce qui est le cas ici.
- Le hero haut-gauche pose votre nom et votre métier en haut de l’écran, comme une page de magazine, et laisse le bas au film.
- Le débord écrit un mot géant, volontairement coupé par les bords de l’écran : votre nom, ou votre spécialité. Le lecteur reconstitue le mot, et la page paraît plus grande que l’écran.
- La galerie en portraits aligne des images verticales, le format des visages, des couvertures et des affiches.
- La citation en mesure large porte une phrase longue sans la casser en six lignes : celle d’un client, d’un éditeur ou d’un critique, avec son nom.
- Le contact réunit courriel, téléphone et ville en vrais liens.
- Le pied à signature géante termine sur votre nom en grand, coupé par le bas de la page.
Le fond de cette mise en page est la vidéo scrubbée : les images du film avancent avec le défilement, comme une planche contact qu’on parcourt du doigt. Si le visiteur a demandé moins d’animations, le film s’efface et son affiche reste. Ce film est une scène créée par un modèle de génération vidéo d’après votre description, pas une de vos images : il pose l’atmosphère, et votre travail reste dans la galerie. La matière est la poussière : de fines rayures verticales et quelques points clairs, comme un tirage ressorti d’un carton.
Ce que dit la règle
Les personnes que vous photographiez
Une personne reconnaissable doit avoir donné son accord écrit avant que son image soit diffusée, sur un site comme ailleurs. Son consentement à être photographiée ne suffit pas. L’accord précise le support, l’objectif et la durée, et un nouvel usage demande un nouvel accord. Pour un mineur, il faut l’accord écrit de ses parents (Service-public.gouv.fr, 2022).
Concrètement, l’autorisation signée pour la campagne d’un client ne couvre pas forcément votre portfolio. Ajoutez à vos autorisations de modèle une ligne qui prévoit votre site et vos réseaux. Dans un lieu public, l’accord n’est exigé que si la personne est isolée et reconnaissable : une foule où personne n’est mis en avant y échappe, à condition de respecter la dignité des personnes et de ne pas servir un but commercial. Un portrait pris dans la rue, lui, demande un accord. Le détail est dans les photos de son site.
Les œuvres que vous montrez
Vos images vous appartiennent dès leur création. Mais quand un client vous les commande, il obtient les droits que vous lui cédez par écrit, chacun mentionné à part avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (Code de la propriété intellectuelle, article L131-3). Si vous cédez tout, réservez-vous expressément le droit de montrer ces images dans votre portfolio.
Les œuvres des autres comptent aussi. Toute reproduction d’une œuvre sans le consentement de son auteur est illicite (article L122-4) : un tableau, une affiche ou une sculpture au premier plan de votre image restent à leur auteur. Le code prévoit une exception pour les bâtiments et les sculptures placés en permanence sur la voie publique, mais il l’écarte pour tout usage à caractère commercial (article L122-5). Un bâtiment récent au centre d’une image qui vend vos services mérite qu’on vérifie.
Des images légères, et signées
Les images sont ce qui pèse le plus lourd sur le web : la page d’accueil mobile médiane charge 911 Ko d’images, pour 2,6 Mo en tout (HTTP Archive, 2025). Un portfolio est fait presque uniquement d’images, et un fichier sorti de l’appareil pèse souvent plusieurs mégaoctets à lui seul. Les gestes qui allègent, d’après web.dev, le site de Google sur la performance :
- Exportez à la taille d’affichage. Une image de 1 000 pixels dans un cadre de 500 pèse deux fois trop. Les écrans très denses justifient une version plus fine, que l’attribut
srcsetleur réserve. - Choisissez un format moderne. Le WebP compresse en général mieux que le JPEG, et l’AVIF va plus loin dans certains tests.
- Compressez, puis vérifiez à l’œil, surtout les ciels et les fonds unis, où la compression se voit d’abord.
- Ne différez jamais la première image. Le chargement à la demande (
loading="lazy") est fait pour les images plus bas dans la page, pas pour celle du premier écran (web.dev, 2024).
Signez aussi vos fichiers. Google Images peut afficher le créateur, le crédit et la mention de droits d’une image, lus dans ses métadonnées IPTC ou dans les données structurées de la page, sans garantir de le faire (Google Search Central, 2026). Renseignez au moins votre nom et la mention de copyright dans vos exports, et vérifiez que l’outil qui publie vos images ne les efface pas en compressant.
Les erreurs qui coûtent des commandes
- Tout montrer : quarante images moyennes noient les dix meilleures.
- Des fichiers de plusieurs mégaoctets, qui mettent des secondes à apparaître sur un téléphone.
- Un portrait publié sans autorisation, ou avec une autorisation qui ne prévoyait pas votre site.
- Un filigrane au milieu de l’image : il gêne le regard plus qu’il ne protège.
- Ni date ni client : on ne sait pas si le travail est récent, ni s’il a été commandé.
- Un contact caché derrière trois clics.
Sources
- Service-public.gouv.fr, Droit à l’image et respect de la vie privée (2022)
- OMPI (WIPO Lex), Code de la propriété intellectuelle, version consolidée au 13 mars 2025
- HTTP Archive, Web Almanac 2025, chapitre Page Weight
- web.dev, Image performance (2023)
- web.dev, Browser-level image lazy loading (2024)
- Google Search Central, Métadonnées d’image dans Google Images (2026)