Métiers · Création et culture

Le site d’une agence créative : montrer ses projets, en règle

Projets clients, études de cas, droit d’auteur, accord des clients : ce que doit montrer le site d’une agence ou d’un studio, et la mise en page « Agence ».

Mis à jour le · 6 min de lecture

Celui qui cherche une agence, pour une identité, une campagne, un film ou un site, arrive avec une seule question : ces gens ont-ils déjà réussi quelque chose qui ressemble à mon projet ? Il en compare plusieurs, et revient sur votre site la veille du rendez-vous. Il juge vite, parce que votre site est lui-même une pièce de votre portfolio.

Ce que le client vient chercher

  1. Des projets proches du sien : même secteur, même taille, même type de demande.
  2. Ce que vous avez résolu : le problème de départ, le parti pris, le résultat. Une belle image sans contexte s’admire, mais ne se juge pas.
  3. Votre façon de travailler : les étapes, les délais, qui fait quoi, combien d’allers-retours.
  4. Les personnes : les visages, la ville, la taille de l’équipe.
  5. Des preuves : des clients nommés, des avis signés, quelques chiffres vérifiables.
  6. Un moyen simple d’écrire, et ce qui se passe ensuite.

Le Nielsen Norman Group, qui étudie l’ergonomie des sites professionnels, conseille de publier des études de cas variées, surtout quand vos clients viennent de secteurs différents, et note que les lecteurs d’un témoignage regardent qui l’a écrit : son poste, son entreprise. Les participants de ses études disaient aussi qu’un lieu réel et des humains derrière le service renforcent leur confiance (2019).

La mise en page « Agence »

C’est la mise en page que l’atelier propose aux studios, aux ateliers de création et aux cabinets, ceux dont la manière de travailler compte autant que le résultat. La voici de haut en bas :

Mise en page « Agence »Fond : Vidéo scrubbéeMatière : Grain

  1. Ancrée
  2. Hero · Bas-gauche
  3. Manifeste
  4. Étapes · Reliées
  5. Galerie
  6. Avant / après
  7. Chiffres · Comptés
  8. Références · Entre filets
  9. Appel · Encadré
  10. Contact · En panneau
  11. Pied de page · En colonnes
Studios, ateliers, cabinets. Le travail se montre par projets, et la manière de travailler vaut autant que le résultat. Les tranches sont montrées nues, telles que la bibliothèque les dessine, avant vos textes, vos images et votre fond.
  • La navigation ancrée reste transparente sur le premier écran, puis se referme en barre quand on descend : la vidéo respire, et le menu reste à portée.
  • Le hero bas-gauche pose le nom de l’agence et une phrase sur ce qu’elle fait, dans le coin où le film laisse de la place. Son bouton mène au contact.
  • Le manifeste retient une phrase à l’écran et l’allume mot à mot pendant qu’on descend. C’est la place de votre position : ce que vous faites mieux que d’autres, ce que vous refusez de faire. Il n’y en a qu’un par page, car il occupe à lui seul plus de deux hauteurs d’écran.
  • La liste numérotée donne la méthode, de 01 à 05 : écoute, pistes, choix, production, livraison. Elle répond à « comment travaillez-vous ? ».
  • La galerie range les projets en grille : une image par projet, le nom du client, une ligne sur la demande.
  • L’avant / après montre deux états du même cadre, séparés par une poignée qu’on fait glisser : l’ancien logo et le nouveau, l’ancien emballage et le vôtre. Les deux vues doivent avoir exactement le même cadrage, sinon la comparaison ment.
  • Les chiffres alignent quelques preuves : années d’existence, projets livrés, secteurs servis. Seulement des nombres que vous pouvez justifier.
  • Le contact en panneau se détache du reste de la page : courriel, téléphone, adresse, en vrais liens.
  • Le pied en colonnes range ce qu’on cherche en dernier : réseaux, mentions légales, contact.

Le fond de cette mise en page est la vidéo scrubbée : les images du film avancent avec le défilement, dans un sens comme dans l’autre, comme si le visiteur déroulait la bobine. C’est le plus spectaculaire des fonds, et le plus lourd : le film est découpé en images qui se chargent d’abord grossièrement, puis s’affinent, et un petit anneau dit ce qu’il reste à charger. Si le visiteur a demandé moins d’animations, le film s’efface et son affiche reste. Ce film est une scène créée par un modèle de génération vidéo d’après votre description : il installe l’univers de l’agence, vos vrais projets restent dans la galerie. La matière posée dessus est le grain, le bruit fin d’une pellicule, qui trouble les aplats trop lisses d’une image générée.

Ce que dit la règle : vos projets ont un auteur

En France, le droit d’auteur naît de la création elle-même, sans dépôt ni formalité (INPI, 2024). Un logo, une affiche, un film ou une illustration originaux appartiennent d’abord à la personne qui les a créés. Une commande n’y change rien : le Code de la propriété intellectuelle précise qu’un contrat de louage d’ouvrage ou de service n’emporte pas dérogation à ce droit, sous réserve des exceptions qu’il prévoit (article L111-1).

Votre client n’a donc que les droits que vous lui avez cédés. Cette cession se constate par écrit (article L131-2), et chaque droit cédé y fait l’objet d’une mention distincte, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L131-3). Trois conséquences pour votre site :

  • Si vous avez cédé à votre client tous les droits de reproduction, vous n’êtes plus seul maître de l’image de son projet. Faites inscrire dans vos contrats le droit de le présenter dans vos références : site, réseaux, dossier de présentation.
  • Vos prestataires restent auteurs de ce qu’ils ont fait : l’illustrateur, le photographe, le monteur indépendant. Leur cession à votre agence passe elle aussi par écrit, et leur nom mérite sa place sous le projet. L’auteur a droit au respect de son nom (article L121-1), et l’INPI rappelle que ces droits moraux ne se cèdent pas.
  • Le nom et le logo d’un client l’engagent. Demandez son accord avant de les aligner parmi vos références, et attendez le lancement d’un projet pour le publier. Un accord de confidentialité signé au début de la mission vaut aussi pour votre site.

L’étude de cas, en trois temps

Sur un site d’une page, chaque projet se raconte court. Trois temps suffisent :

  1. La demande : qui, quoi, et pourquoi maintenant.
  2. La réponse : le parti pris en une phrase, et l’image qui le montre.
  3. Le résultat : ce qui a changé pour le client, avec un chiffre s’il vous autorise à le publier.

Accompagnez-la d’un avis signé, avec le nom et la fonction de son auteur. Le Nielsen Norman Group a remarqué que les témoignages les plus convaincants partent d’une réserve avant d’arriver à la conviction, du genre « on hésitait à tout refaire, et… ». Pour les recueillir et les afficher dans les règles, voyez les avis clients sur son site.

Les erreurs qui coûtent des clients

  • Des visuels sans contexte : on admire, mais on ne sait pas ce que vous avez résolu.
  • Des projets anciens en tête de galerie : le plus récent d’abord, et le reste peut partir.
  • Un logo de client affiché sans son accord, ou un projet publié avant sa sortie.
  • Des collaborateurs effacés : le photographe dont l’image fait votre galerie mérite son nom.
  • Des images trop lourdes, exportées en pleine définition : voyez les photos de son site.
  • Un formulaire sans suite : dites sous quel délai vous répondez.

Sources

  1. Nielsen Norman Group, What B2B Designers Can Learn from B2C About Building Trust (2019)
  2. INPI, Le droit d’auteur (2024)
  3. OMPI (WIPO Lex), Code de la propriété intellectuelle, version consolidée au 13 mars 2025

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