Le nom de domaine est l’adresse de votre site et de vos courriels : boulangerie-martin.fr, cabinet-dupont.fr. Il finit sur vos cartes de visite, votre vitrine, votre camionnette, votre fiche Google. En changer plus tard oblige à tout réimprimer et à prévenir chacun de votre nouvelle adresse.
Mieux vaut donc le choisir avec soin, le réserver à votre nom, et ne jamais le perdre. Voici comment, d’après les recommandations de l’Afnic (le registre du .fr), de l’INPI et de Cybermalveillance.gouv.fr.
Un nom court, qui se dicte sans l’épeler
L’Afnic a fait tester la lecture et la saisie de noms de domaine. Ses conclusions (2016) :
- les noms courts se lisent et se tapent plus vite, surtout sur un téléphone ;
- les tirets ralentissent la lecture comme la saisie ; si votre nom est long et que vous gardez un tiret, prenez aussi la version sans tiret ;
- un mot inventé se lit aussi vite qu’un mot du dictionnaire, s’il reste court.
Faites le test du téléphone : dictez votre nom à quelqu’un et regardez s’il l’écrit juste du premier coup. Les homophones, les doubles lettres et les chiffres (« 2 » ou « deux » ?) sont des pièges.
Les règles techniques du .fr sont simples. Un nom compte au plus 63 caractères, avec des lettres, des chiffres et le tiret, sans tiret au début ni à la fin (Afnic, charte de nommage 2026). Les lettres accentuées sont admises, mais tout le monde ne pense pas à les taper : si votre nom en contient, réservez aussi la version sans accent. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de même de réserver les variantes évidentes de votre nom.
Le .fr ou le .com ?
Le .fr est l’extension préférée des petites entreprises françaises : 62 % des TPE et PME qui ont un nom de domaine ont choisi le .fr en premier, contre 33 % pour le .com (Afnic, 2026). Il compte plus de 4,5 millions de noms, et dit d’emblée que vous êtes en France.
Il a ses conditions. Une personne doit résider dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse ; une entreprise doit y avoir son siège ou son établissement principal. Vous devez aussi fournir des coordonnées exactes et rester joignable pendant toute la vie du nom. L’Afnic peut vérifier ces informations à tout moment, d’elle-même ou à la demande d’un tiers : sans justificatif, le nom est gelé, bloqué, puis supprimé.
Le .com ne pose aucune condition de résidence et se comprend dans le monde entier. Pour une TPE ou une PME, l’INPI estime que le .fr et le .com suffisent en général. Réserver les deux évite qu’un autre prenne celui que vous laissez.
Vérifier les marques avant de réserver
Un nom de domaine revient au premier qui le réserve, et ne donne aucun droit de propriété industrielle. Le bureau d’enregistrement, la société qui vous le vend, ne vérifie pas s’il reprend la marque ou le nom d’un autre (INPI). C’est à vous de le faire, avant de réserver :
- Cherchez le nom dans la base Marques de l’INPI, consultable en ligne sur data.inpi.fr. Elle couvre les marques françaises, européennes et internationales.
- Cherchez-le parmi les noms d’entreprises et dans un moteur de recherche, dans votre secteur et votre région.
- En cas de doute, l’INPI propose une recherche plus poussée, qui repère aussi les noms proches, à partir de 50 €.
- Si votre nom est aussi votre marque, pensez à la déposer : Cybermalveillance.gouv.fr conseille d’enregistrer le nom comme marque à l’INPI, en plus de le réserver.
Un nom qui reprend la marque d’un autre peut vous être contesté. Le titulaire de droits antérieurs peut agir en justice, ou par des procédures plus rapides, comme Syreli pour le .fr (INPI).
Le réserver à votre nom
Le titulaire est la personne qui a des droits sur le nom. Si une agence, un proche ou votre prestataire réserve le domaine pour vous, vérifiez qu’il est bien enregistré à votre nom, ou à celui de votre entreprise. L’Afnic le précise : un contact administratif tiers n’a aucun droit sur le nom de domaine du titulaire.
Gardez vos accès au compte chez le bureau d’enregistrement, et sachez où trouver le code « auth-info ». C’est lui qui permet de transférer le nom chez un autre prestataire, à tout moment.
Le renouveler à temps
Un nom de domaine s’enregistre pour une durée de un à dix ans. À l’échéance, le registre du .fr le renouvelle de lui-même, sauf si votre bureau d’enregistrement en demande la suppression. Celui-ci peut le faire s’il n’a pas eu de contact avec vous avant l’échéance, pour ne pas régler les frais à votre place (Afnic).
Une période de rédemption de 30 jours s’ouvre alors, pendant laquelle vous pouvez encore le récupérer. Ensuite, le nom retombe dans le domaine public : le premier qui le demande l’obtient. Cybermalveillance.gouv.fr prévient qu’un domaine libéré peut être repris par un tiers à des fins malveillantes. L’Afnic ajoute que le récupérer peut coûter cher, surtout s’il était bien référencé.
Pour l’éviter :
- activez le renouvellement automatique, et vérifiez avant l’échéance qu’il ne demande pas d’intervention de votre part ;
- tenez à jour l’adresse électronique de contact et la carte bancaire enregistrée ;
- réservez pour plusieurs années d’un coup ;
- notez la date d’échéance dans votre agenda, avec une alerte un mois avant.
Le verrouiller
Le détournement de noms de domaine existe : il peut rediriger vos visiteurs ailleurs ou rendre votre site inaccessible (Afnic). Deux protections réduisent ce risque :
- le verrou de registre, appelé .fr Lock pour le .fr : aucune modification technique du nom ne passe sans votre autorisation. Tous les bureaux d’enregistrement accrédités pour le .fr peuvent le proposer ;
- DNSSEC, une signature qui garantit que les réponses donnant l’adresse de votre site n’ont pas été falsifiées. L’Afnic et Cybermalveillance.gouv.fr le recommandent tous deux.
Protégez enfin le compte chez votre bureau d’enregistrement comme un compte bancaire : un mot de passe unique et la double authentification, que conseille Cybermalveillance.gouv.fr partout où elle est possible.
En résumé : choisissez un nom court, facile à dicter, en .fr, et en .com si possible. Vérifiez les marques à l’INPI avant de réserver, faites enregistrer le nom à votre nom, activez le renouvellement automatique et le verrou. Un domaine perdu revient au premier qui le demande.
Sources
- Afnic, 8 astuces pour bien choisir son nom de domaine (2016)
- Afnic, Charte de nommage, version du 6 juillet 2026
- Afnic, Guide pratique du titulaire d’un nom de domaine en .fr (2024)
- Afnic, Le .fr franchit les 4,5 millions de noms de domaine enregistrés (2026)
- INPI, Le nom de domaine
- INPI, Marque et nom de domaine : le combo gagnant (2023)
- INPI, Rechercher une marque (base Marques) (2025)
- INPI, Disponibilité d’une marque, d’un logo, d’un nom de société, d’un nom de domaine
- Cybermalveillance.gouv.fr, Comment sécuriser son site Internet ? (2026)
- Cybermalveillance.gouv.fr, L’usurpation de site internet professionnel (2026)