Conseils · L’IA et votre site

Textes écrits par une IA : ce qu’il faut relire

Ce que Google dit des textes générés, les erreurs à traquer, les faits que vous seul connaissez, le ton, et ce que l’AI Act demande vraiment.

Mis à jour le · 5 min de lecture

Une IA écrit en dix secondes la présentation d’un cabinet, l’accueil d’une boulangerie ou les questions-réponses d’un plombier. Le résultat est propre, bien tourné, et souvent faux par endroits.

Google juge ce qu’un texte apporte au lecteur, quelle que soit la façon dont il a été écrit. Reste à relire, avec méthode. Voici quoi chercher, dans l’ordre.

Ce que Google en dit

Google admet l’usage de l’IA générative pour chercher des idées ou structurer un texte, à condition que le résultat respecte ses règles habituelles. Trois points comptent pour un petit site :

  • Le volume sans valeur est du spam. Produire en série des pages générées qui n’apportent rien au lecteur relève de ce que Google appelle l’abus de contenu à grande échelle. Cent pages « plombier à » suivies du nom d’une ville voisine, rédigées par une IA et identiques au nom près, en sont un bon exemple.
  • Tout se vérifie à la main avant publication. Le texte de la page, mais aussi son titre, sa méta-description, les données structurées et les textes alternatifs des images. Google rappelle que ces modèles prédisent des suites de mots probables, et peuvent donc inventer.
  • Dire comment le texte a été fait, quand le lecteur peut se le demander. Google le conseille, sans en faire une obligation.

Les erreurs factuelles à traquer

Une IA comble les vides avec du plausible. Relisez en priorité :

  1. Les chiffres : prix, horaires, années d’expérience, délais, nombre de clients. Une IA écrit volontiers « plus de vingt ans de métier » pour un salon ouvert en 2019.
  2. Les coordonnées : adresse, téléphone, courriel, zone d’intervention, jours de fermeture.
  3. Les mentions encadrées par la loi. Pour un restaurant, « fait maison » obéit à des conditions précises, avec des plats cuisinés sur place à partir de produits bruts. Un usage trompeur peut être poursuivi comme pratique commerciale trompeuse.
  4. Les diplômes, labels et agréments : n’affichez que ceux que vous détenez, sous leur nom exact.
  5. Les avis et témoignages. Une IA peut en inventer, prénoms compris. Diffuser de faux avis est un délit de pratique commerciale trompeuse, puni de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende (DGCCRF, 2026). N’affichez que des avis réels.
  6. Les promesses : « intervention en 30 minutes », « satisfait ou remboursé », « le meilleur de la ville ». Gardez celles que vous tenez, et elles seules.

Les faits que vous seul connaissez

Une IA sait ce que fait une boulangerie en général. Elle ignore ce que fait la vôtre. Ce sont pourtant ces détails qui font choisir, et Google les valorise : il cherche des contenus qui montrent une expérience de première main.

Ajoutez ce qu’aucun modèle ne peut deviner :

  • le levain qui a quinze ans, la farine d’un moulin à vingt kilomètres ;
  • la spécialité du cabinet, les patients reçus, l’accès en fauteuil ;
  • les marques que l’artisan pose, les chantiers qu’il refuse ;
  • le parking, le temps d’attente habituel, le jour où il y a moins de monde ;
  • votre nom, votre visage, votre histoire en deux phrases.

La bonne méthode : donnez ces faits à l’IA avant qu’elle écrive, puis vérifiez qu’elle n’en a pas ajouté d’autres.

Le ton

Par défaut, une IA écrit dans un registre moyen, poli et interchangeable : « passionnés par notre métier », « un savoir-faire d’exception », « une expérience unique ». Ces formules ne disent rien et se lisent partout. Relisez à voix haute, et posez-vous quatre questions :

  • Parleriez-vous ainsi au comptoir ? Sinon, reprenez avec vos mots.
  • Vouvoiement ou tutoiement ? Choisissez selon votre clientèle, puis tenez-vous-y d’un bout à l’autre de la page.
  • Une idée par phrase ? Coupez les phrases qui alignent trois virgules.
  • Un fait ou un adjectif ? « Livré sous 48 heures » en dit plus que « livraison rapide ».

Ce que dit le règlement européen sur l’IA

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, souvent appelé AI Act, fixe à son article 50 des obligations de transparence, applicables depuis le 2 août 2026. Pour les textes, il vise un cas précis : un texte généré ou modifié par une IA, publié pour informer le public sur des questions d’intérêt public. La Commission européenne cite par exemple la politique, la santé publique, l’environnement, les droits fondamentaux ou la sécurité des consommateurs.

Deux conséquences, à lire avec prudence :

  • la présentation d’un commerce, de ses horaires et de ses prix ne semble pas relever de ce cas ;
  • même quand il s’applique, l’obligation tombe si une personne a relu le texte sur le fond et assume la responsabilité de sa publication. La Commission précise qu’une simple correction d’orthographe ne suffit pas.

Si vous publiez sur la santé, le droit ou l’argent, faites vérifier votre cas par un juriste : ce résumé ne vaut pas avis juridique. Les images et les vidéos générées obéissent à d’autres règles, que nous abordons dans l’article sur la vidéo générée par IA.

Dans l’atelier de 29webs

Dans l’atelier de 29webs, les textes de la page sont écrits par une IA, à partir de ce que vous décrivez de votre métier. Vous les retouchez en une phrase, comme « mets le titre plus court » ou « ajoute que nous fermons le lundi », et chaque retouche peut se défaire. La relecture vous revient : tout ce qui précède vaut aussi pour ces textes.

En résumé : un texte écrit par une IA peut se publier, à condition de le relire comme un contrat, chiffre par chiffre et promesse par promesse. Ajoutez ce que vous seul savez, retirez les formules creuses, et n’inventez jamais d’avis.

Sources

  1. Google Search Central, Utiliser des contenus d’IA générative sur votre site (2026)
  2. Google Search Central, Règles relatives au spam, abus de contenu à grande échelle (2026)
  3. Google Search Central, Créer du contenu utile, fiable et pensé pour les personnes (2026)
  4. DGCCRF, Avis en ligne : attention aux faux commentaires ! (2026)
  5. Entreprendre.service-public.gouv.fr, La mention « fait maison » en restauration (2025)
  6. Commission européenne, Article 50 du règlement sur l’IA (2026)
  7. Commission européenne, Questions-réponses sur les obligations de transparence de l’article 50 (2026)

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